Le courage n'est pas de prendre parti. Dans une ère de communication, le courage est de n'avoir d'avis sur rien. Au milieu du torrent infini d'opinions (tags, blogs, facebook, télé, presse, dazibao, téléscripteur), on nous impose tacitement de ne pas nous en foutre.

Et, attention, par là je ne veux pas dire que c'est le centrisme qui est condamné. Le centrisme est une opinion, voire une philosophie. Il y a des partis centristes, des artistes centristes, des militants centristes, voire des g33ks centristes.
La polémique est devenu un art de vivre. Je ne dis pas "le trollisme" mais bien la polémique. Un troll n'a pas d'autre opinion que celle qui va choquer et créer de l'agitation. Il n'a pas besoin d'être convaincu de ce qu'il dit, il doit juste dire ce qu'il faut à qui il faut. Mais la polémique, oui, ça, c'est l'apanage de ceux qui sont atteint de la pire maladie qui peut frapper un être doué de conscience : ils sont persuadés d'avoir raison.

Réfléchissons un peu. Qu'est-ce qu'implique la persuasion d'avoir raison ? Quelqu'un qui est persuadé d'avoir raison est nécessairement convaincu que les autres ont tort (ou alors il est débile). S'il a un minimum de couilles et d'amour de ce qui est bien (allez savoir pourquoi les gens pensent souvent que ce qui est bien devrait être plus répendu), il est évident qu'il usera de tous les moyens pour ramener les autres à ses vues.
La conviction d'avoir raison ne s'accompagne nullement de besoin de moralité. On peut être à la fois complètement dans son bon droit et le pire connard de l'univers. Et on peut être le pire connard de l'univers et croire que ce dont on est persuadé est la vérité vraie.
Prenons les deux cas, et admettons que, face à quelqu'un qui pense autrement, un connard et un type bien se trouve en position de répondre (exemple : conversation, forum, baston avec lesquelles il a aucun rapport, cantine, commentaire d'un blog...). Le connard voudra nécessairement écraser le mal pensant pour lui imposer sa vérité. Le type bien voudra faire quand à lui lui faire prendre conscience de son erreur. Le connard usera pour cela de tous les moyens parce qu'il s'en tape de l'autre. Le type bien usera de tous les moyens parce qu'il est PERSUADE d'avoir raison. La persuasion est l'opposé du libre arbitre, même chez le meilleur type du monde. Des gens très bien intentionné ont troué la peau d'ennemis de classe parce que la fin justifiait les moyens.
Ces moyens, chez un type persuadé d'avoir raison, quels sont-ils ? Invariablement au nombre de 5 grandes familles (j'ôte de ces moyens la contrainte physique, on reste sur le champ de la rhetorique)
1) Les arguments logiques
2) Les arguments fumeux
3) Les mensonges
4) Le rapport de force
5) Le chantage affectif, le flood, les cris, les ruades, le caca-culotte et plus largement tout ce que ferait un mongolien contrarié.

Demain, je détaillerais ces arguments.
Oui, ce n'était qu'une intro. Je suis fatigué, je n'ai pas le temps de taper un wall of text destiné à justifier le fait que je n'en ai rien à branler de ce que vous pouvez bien penser.

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