J'ai pas la fibre militante.

J'ai pas non plus la fibre professionnelle.
Je fais partie de ces gens qui ne seraient absolument pas dans le mood pour continuer à travailler si j'héritais des royalties de la Bible (in b4 l'auteur est mort depuis plus de 70 ans, qu'est-ce que vous en savez ?). Je me vautrerais tout à fait dans un canapé en soie pour jouer à des millions de jeux vidéo toute ma vie, le tout entrecoupé de voyage en Micronésie et au Cambodge dans mon jet privé tout en or massif.
Je ferais comme Bill Gates, si je suis très riche, je filerais des tonnes de pèze à une association random et ça me dédouanerait de rien foutre de mes journées et d'avoir des pullovers hideux.

Alors, pourquoi
1) Je travaille ?
2) Dans des conditions difficiles (dans les rues d'une ville hostile, Paris)
3) Pour le compte (je fais simple) d'une association.

La première, parlez-en à mon banquier. La troisième, bah j'ai dit que j'avais pas la fibre, pas que j'étais un monstre. J'adore les associations humanitaires. Surtout celle-là. Si vous parcourez les archives de ce blog, vous verrez que j'ai été méga-giga pauvre, et entres autres, ce genre d'association peuvent faire office de super parachute quand la cage de l'ascenceur s'écroule dans le chaos. Bref, je ne suis pas là pour faire l'éloge d'Henri Dunan. Juste, je bosse pour une association dans la rue, quoi.

Oui. Ben alors vous allez rire, pourquoi je fais ça ? Alors qu'avant je vendais des ipods à des débiles j'avais la joie d'être au chaud et de faire un boulot pas tuant à côté de chez moi ?
Allez, soyons sérieux, les mérites de l'association ne suffiraient pas.

Eh oui. Vous devinâtes peut-être. J'suis bien payé. Pas "30% du smic, sale stagiaire de merde", pas "lol t'auras une prime aux alentours de 2014" ni "Oui t'es BAC+8 et tu bosses pour quatre, mais pourquoi je te paye plus que le SMIC, c'est la crise, uberconnard".
Oui, voilà. Je me dis que chaque heure que je bosse sert à quelque chose (noble métier etc.) et qu'en plus, dis-donc, elle va m'aider à remplir mon frigo pour de vrai. Et même, en plus, on me paye le repas. Dis-donc.

En fait, j'avais jamais été bien payé, avant. Je découvre. C'est merveilleusement motivant, à l'heure ou un nombre croissant d'entreprises, et même d'administrations (je brise les tabous, quelle classe on dirait un Sardou de gauche, dis-donc) ont oublié qu'il y avait quelque chose au delà du SMIC, je redécouvre le principe fondateur pensé par ce salaud de Ford* : si je file de la thune à un employé, et d'une il se barre pas dans l'usine d'à côté, et de deux, il finira par acheter les produits de la marque.

Oh merde, je suis content d'aller travailler. Je suis à un Comité d'Entreprise avec bons d'achats trimestriels de m'investir dans ma carrière, dis.

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* Ce salaud NAZI de Ford.