Reprenons.

Just Follow Law est donc un film Singapourien, et je vous reporte à l'article précédent en ce qui concerne le côté purement sociologique et les screenshots en rapport. Passons au côté purement cinématographique.

Justo Follow Law nous raconte l'histoire de Tania Chew, responsable du bureau des animations de l'ANPE Singapourienne (pour autant qu'on puisse faire la conversion, quoi...), riche patron autoritaire, fanatique du règlement et totalement atteinte du No U-Turn Syndrom. L'autre protagoniste est le pauvre Lim Teng Zui, technicien veuf et bordélique bien en peine dans l'éducation de sa fille.
Un beau jour, l'incapacité de l'ensemble du personnel administratif à prendre une décision correcte amène un gros tas d'ordure à se retrouver sur la parking de l'asministration à quelques heures de la visite d'un ministre chinois. Lim Teng Zui et ses copains se retrouvent obligés de monter un panneau géant et de le faire tenir avec du scotch (trop d'autorisations requises pour avoir des clous). Bien entendu, ce qui doit arriver doit arriver, et le ministre chinois se vautre dans les cartons dégueux.
Lim et Tanya ont alors une violente engueulade à propos du fait de suivre ou non les règles, et dans la foulée ont un accident de voiture dont ils réchappent miraculeusement... Après avoir échangé leurs personnalités. Lim devient donc de facto patron de son service, alors que Tania se retrouve obligée de changer des ampoules. Dans les deux cas, la catastrophe se profile.

Bon. Just Follaw Law, autant le dire tout de suite, n'a pas une intrigue à tirroir à la Usual Suspect, le récit est linéaire, les "rebondissements" en sont à peine, et le tout à ce côté extrêmement "cinéma asiatique populaire" ou les sentiments intenses sont soulignés par de lonts et lents flashbacks mélodramatiques. Bon, ça n'arrive que deux ou trois fois dans le film, mais ça entache un peu l'histoire, je ne dois pas être assez oriental.
Donc, assimilons donc le fait que Just Follow Law ne révolutionnera pas les codes dramatiques du cinéma, mais Oldelaf et Monsieur D n'apportent rien à la musique, ça m'empêche pas d'acheter leurs albums.
Just Follow Law est en fait un film qui a une qualité énorme, gigantesque et inestimable : il est PUTAINEMENT DROLE. Ce film manie à peu près tous les registres d'humour : comique de situation, comique sexuel au sens anatomique du terme (bon, toutes les vannes possibles et imaginables sur l'échange de sexe...), comique en dessous de la ceinture, comique sociétal, culturel, religieux, absurde, administratif, de langue, visuel, et même une petite dose de comique qu'on comprend pas parce qu'on sent bien qu'il faut être Singapourien pour comprendre.
Jack Neo, vétéran de la comédie Singapourienne livre un travail extrêmement propre, ou les gags s'enchaînent sans répit et sans jamais atteindre le fameux "gag" de trop qui fait toussoter avec gêne même le bon public, bon public, bon public *air connu*°. Même si comme je l'ai dit sa réalisation ne casse pas des briques, on sent tout de même que y'a du putain de travail derrière : les plans sont léchés, la photographie est particulièrement bien foutue, les effets spéciaux sont assez marrants... Et le réalisateur arrive à rendre presque palpable l'affreuse propreté maladive de l'Ile.
Mais le gros point fort de Just Follow Law, en plus de la critique sociale acerbe qu'il dresse du monde de l'entreprise Singapourienne, c'est le casting. Je pense que c'est réellement ce que je retiendrais de ce film : le jeu extrêmement juste et hillarant des deux acteurs principaux, Fann Wong et Gurmit Singh. Autant dans leur sexe que dans celui de l'autre, ils habitent littéralement leur personnage avec une perfection que j'ai rarement vue dans les films que j'ai maté ces derniers temps (j'ai pas eu de bol, attendez ma review de The Tripper....). Les rôles secondaires sont tout aussi excellents, et la galerie de portraits dressée par Jack Neo est irrésistible. J'ai une tendresse particulière pour le personnage d'Eric, joué par Moses Lim, qui ressemble tellement à un cochon obèse dans ce film que j'ai courri m'acheter un jambonneau au Match dès la fin du film.

Alors, bien sûr, n'oublions pas que ce film à des défauts. Quelques longueurs, à peu près autant de rebondissement qu'un match de Rugby entre le Sealand et les Sping Box (mais quelques éléments d'ending assez originaux quand même... Je ne spoile point.), pas mal de vannes qui passent un peu au dessus de l'occidental moyen, un sous-titrage en anglais affreusement approximatif (pas la faute de l'équipe du film ceci dit...), et un dénouement un peu bordélique.
Sais ça ne suffit pas à plomber toutes les immenses crises de rire que je me suis tapé devant JUST FOLLOW LAW !!!!!

Et je me dis que pour les Singapouriens, les Français doivent vraiment, mais alors vraiment passer pour des sauvages !

 

° vous voyez ça c'était celle de trop.