J'ai atteint l'âge critique où, vivant seul avec un téléviseur, je me dois de contribuer au Derviche Public en m'affranchissant d'une redevance télévisuelle, destinée à nous fournir des programmes de qualité, comme Vivement Dimanche ou Plus Belle la Vie, ainsi que de permettre le rachat de licences indispensables comme The Closer ou FBI, Porté Disparus. Et Inspecteur Derrick et Benny Hill, qui font toujours bien pour boucher la grille en cas de grève ou en cas de dimanche après midi.
Bon. Autre chose. Il fut un temps ou j'aimais encore assez regarder On a Tout essayé !!!~lawl (je rajoute le !!!~lawl car voici l'exégète que je fais de cette émission et pis c'est tout, câlisse.) parce que ça me faisait garder une vague prise sur l'actualité culturelle, voire politique, vu que maintenant, les émissions intellectuelles et politiques passent plusieurs heures après qu'Arthur ait ouvert des boîtes en disant "prout prout tu veux touché mon cucul j'appelle la banque mdr", c'est à dire au milieu de la nuit.
Bon, mon divorce a quand même été rapide : une émission ou l'on demande à Elza Fayer et à Steevy de se prononcer sur un sujet n'impliquant ni Duplo ni Oui-Oui magazine devant des millions de français ne peut avoir que grand mal à captiver l'attention de Zali L. Falcam*. Sans compter les pertinentes interventions de Christine "Snort Slurp Gruick" Bravo et les saillies populo-anarcho-réactionnaire de gens aussi présomptueux qu'un Alevêque (qui me fait parfois rire et souvent pitié) qui déclarait encore l'autre jour, devant un minsitre de la République "L'Interdiction de Fumer je suis contre [...] les serveurs ont qu'à aller travailler ailleurs [...] grace à moi ils fument gratuitement [...] ce sont des mesures FASCISTES !"**. On peut être contre, en effet. Ca empêche pas d'être con.
Ah. Et puis il y a Gerard Miller. L'autre jour je tombe sur Gerard Miller dans cette fabuleuse émission. C'est devenu rare, surtout depuis que dans la nouvelle équipe de l'émission, il y a un neuneu sorti de je ne sais quel Canal J payé pour projeter des vidéos You Tube en basse résolution en les commantant à voix haute, du genre "EH BEN LA C'EST UNE PUBLICITE POUR DES TELEPHONES PORTABLES QUI EST DROLE PARCE QUE LE MONSIEUR IL A SON CALECON QUI VIBRE !!!!11". Mais bon je suis tombé dessus quand même, et manifestement, il venait de se passer un truc : Marc-Edouard Nabe venait de quitter le plateau, et à ce qu'il semblait, à la suite de remarques "anodines" de Miller, des citations extraites d'un des premiers livres de Nabe, des citations racistes, antigay, antisémites et j'en passe. Bon. A la suite de quoi il y a eu un lamentable débat ou aucun des invités n'a pu citer un autre livre de Céline que Le Voyage au bout de la Nuit, même pas Miller qui se croit si malin, et ou le même Miller a finit, en faisant étalage de son ignorance, par Fusiller Rebatet à la libération et lui préter le propos sur les juifs "dont il fallait aussi se débarasser des petits". Eh non, YOU FAIL ! YOU FAIL DEVANT LA FRANCE ! Il s'agissait bien entendu de Brasillach, pas besoin d'avoir un doctorat en extrême droite pour le savoir. Ou alors on le sait pas et on se la ferme quand à l'épuration.

Qui est Marc-Edouard Nabe ? Un écrivain à moitié givré, objectivement réactionnaire, une sorte de Céline au Petit Pied*** en beaucoup plus light idéologiquement et en énormément plus talentueux littérairement. Bref, un écrivain réac bourré d'une sorte de génie haineux. A la manière de beaucoup d'autres écrivains de sa trempe, Nabe est anti-tout, anti religion, anti ethnie, anti média et j'en anti passe. Il s'est entres autres fait connaitre par des écrits particulièrement virulents, nihilistes et certainement un peu dingues. Disons le tout net, Nabe, avec sa tête de François Barroin les mauvais jours, est à la fois un grand auteur et, sans doute, un sinistre personnage.
Piqué au vif, à la suite de l'émission, j'ai été voir ce qui s'en disait ici pour avoir plus de précision sur ce qui s'était passé. Ce qui m'a mené ou j'ai pu voir la vidéo de l'incident. Et bien en quelques secondes, l'affaire était pliée : aussi dégoutant et lamentable que soit Nabe, qui avait d'ailleurs une belle chemise à galons -j'adore les chemises à galons-, ici l'ordure fut, une fois de plus Miller.
Car qu'a-t-il fait ? Eh bien le "psychologue" s'est une fois de plus effacé devant le "Maoïste". C'est bien à un procès Stalinien que nous assistâmes et que le Internet vie le Dailymotion immortalisât. Tout y était. Un procureur bonhomme demandant, placide, à l'ivité de se présenter, puis de passer laparole à un juge trépignant qui, pendant d'interminables tirades, va le fusiller sur place, sectionnant son oeuvre littéraire en minuscules petits bouts tirés de leur contexte sans lui donner la moindre chance d'explication de texte, le jetant en pâture au public et considérant, à la manière d'un Torquemada moyen, que l'accusation à valeur de preuve. Le piège parfait, le public chauffé et formaté pour applaudir le portant en triomphe, Nabe n'avait plus qu'à mourir, puisque c'était pour cela qu'il était venu. De part et d'autres du Miller, deux Greluches donnant leur assentiment tacite, et puis en face, Claude Sarraute qui ne le défendra qu'une fois parti et un Vandel se prétendant son ami de longue date qui, jamais une seconde ne contredira Miller. Puisque Miller à parlé, puisque Miller est la France à cet instant, Miller à raison, et Nabe est condamné. Le procès est rapide, stalinien et sans bavures.
Qu'ajouter sinon que le départ, à la suite de cela, du sinistre**** Nabe, était bien naturel. Qui serait resté ? Ses idées impropres à passer sur Not'Bon'Service Public, on l'y a masscré et on ne l'y reprendra plus.
Oh, bien entendu, Nabe ne me manquera pas, je tiens sa pensée pour ma part en basse estime et je reste persuadé qu'un esprit aussi fortement torturé, d'aucun diront génial, a mieux à faire que d'aller, comme disait l'autre, faire sa promo entre une pute et un travesti.
Et si encore Miller n'avait fait que cracher sa glaire de haine. Mais non, il a fallu que, devant quoi, trois, quatre, six, huit millions de français, il se permette de hurler, et sans être contredit "Dans une démocratie, un tel auteur ne devrait pas être publié".

Bon sang. Dans un démocratie, quelqu'un devrait entarter Gérard Miller.
Et non, j'ai pas écrit ce très long texte juste pour vous démontrer pourquoi c'était nul de payer la redevance.

katamari

* (Serious Writ@r)
** Jeu. Christophe Alevêque vient, dans cette citation et devant des millions de français, de franchir un point. Sauras-tu deviner de quel point il s'agit ?
*** Alors attention, ça c'est de la culture-confiture, c'était le surnom donné à Albert Paraz, qui, s'il vous intéresse, doit certainement avoir quelques pages internets mal fréquentées à sa gloire.
**** Dont l'ultime tome vient de sortir, blague auto-référentielle. Drôlitide.