Salut le peuple.
Je profite d'un coup de mou physique qui s'arrange petit à petit pour faire un peu de littérature.

J'ai lu "La Guerre, Yes Sir !" de Roch Carrier. La très bonne surprise de majournée d'hier en somme, surtout pour un ignare comme moi en terme de littérature québéquoise.

La Guerre, Yes Sir, raconte une nuit d'un petit village au fin fond du Québec, pendant les années 40. Quelques soldats anglais arrivent, un cerceuil sur le dos, dans ce village de French Canadians. Dans le cercueil, un des jeunes du village, tué à la guerre -lointaine, mystérieuse- contre les allemands.
A travers une foule de personnages hauts en couleur de ce village traditionnel, à la fois humaniste, sauvage et religieux, Roch Carrier raconte la folle nuit qui ira de l'arrivée de ces anglais méprisants et incompréhensibles à la fin de la veillée funèbre.
Une formidable peinture du Québec profond et de la manière dont il a vécu une guerre qui ne voulait rien dire, qui n'avait d'autre signification que celle de voir des soldats anglais emmener les French Canadians faire "leur" guerre et de les ramener dans des cercueils.
Un roman court (je l'ai lu en deux heures) mais intense, drôle, fantasque. Humain. Profondément humain, dénonçant l'absurdité de la guerre, l'absurdité de la colonisation, et louant la joie de vivre.
Ca fait du bien de lire des choses intelligentes.

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Ajouté : le Blog du Navire, parcequ'elle le vaut bien. Rah c'est encore un livejournal.

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